Bienvenue

Bienvenue

# Posté le vendredi 23 octobre 2009 14:30

Modifié le vendredi 30 octobre 2009 10:06

Présentation

Présentation

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Une histoire commencée il y a longtemps.
Et désormais soumise à vos jugements.
Bonne lecture.

# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:16

Modifié le mercredi 19 août 2009 09:33

Prologue...

Prologue...

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_________Son souffle est erratique. Ses mains tremblent. Son regard me transperce. Malgré la pénombre, je peux apercevoir la lueur dans ses yeux. Une lueur folle, une lueur maladive, une lueur d'envie. Je tente de m'échapper de son emprise. Seulement, il colle son corps au mien et le mur auquel je suis adossé m'enlève toute chance de retraite. Afin d'affirmer au mieux sa prise, il saisit mes épaules de ses longs doigts fins. J'ai peur... Moi qui pensais que tout était fini. Moi qui espérais un nouveau départ. Moi qui le croyais guéri... Tout recommence. Et l'angoisse m'étouffe. A mon tour, je peine à respirer. Je mords mes lèvres et ferme mes yeux avec le fol espoir que cela suffira à retenir mes larmes. Vain espoir... Je sens les petites gouttes salées dévaler mes joues. Je voudrais le supplier. Le supplier de me laisser tranquille. Je ne peux plus tout supporter. Je n'ai plus le même courage. Lui ne bouge toujours pas. Il me fixe. J'entends seulement son souffle dépasser la barrière de ses lèvres. J'ouvre à nouveau les yeux. Et c'est là que je les vois. Je vois ces petites perles brillantes sous le reflet de la lune dévaler son visage aux traits fins. Lui aussi pleure. Dans ses yeux, l'envie a laissé place à la détresse. Il me regarde, l'air perdu. Et plus je l'admire sous la lumière argentée, plus son corps est secoué de soubresauts. Il resserre sa prise et une douleur lancinante transperce mon épaule droite. Il rapproche son visage aux traits de porcelaine près du mien. Et avant que ses lèvres se scellent aux miennes, il me susurre ces quelques mots :

« - Tu pensais vraiment que je pouvais oublier ?... »






# Posté le samedi 12 juillet 2008 07:53

Modifié le mercredi 19 août 2009 09:36

Une lame enfoncée loin dans mon âme...

Une lame enfoncée loin dans mon âme...

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Je claque la porte de ma chambre et m'effondre sur mon lit, le visage noyé de larmes. Je suis à bout de nerf. Je n'en peux plus. Je me sens fatigué, inutile. Indésirable même. Ca, je l'ai lu dans ses yeux. Moi, je suis Tom, Tom Kaulitz né le 1er septembre 1989 à 18h50. Lui, c'est Bill. Bill Kaulitz, né ce même jour à 19h00. Quatre mois. Quatre putains de mois que je le vois se détruire. Et je suis là, impuissant, à le regarder. Il ne me laisse même pas le soutenir. Il joue l'égoïste. Il bousille sa vie... et la mienne. Il se tue à petit feu. Il est mon jumeau. S'il meurt, je meurs. Je l'aime...















Tom
Bill




_______Un bruit sourd me réveille en sursaut. Catastrophé, je me lève et me précipite dans le couloir. Et je le vois là, à genou dans les escaliers, une seringue brisée dans la main droite. Il n'a pas remarqué ma présence. Ses yeux sont fixés sur cette seringue dont le contenu, légèrement jaunâtre, se mêle à son sang et tâche le parquet ciré des marches. Une larme menace de s'échapper de mes yeux mais je la retiens. Doucement, je m'approche de lui. Je ne dois pas faire de gestes brusques. Quand il est dans cet état, il est tel une bête apeurée. Il est agressif, dangereux. Je m'agenouille près de lui et pose ma main sur son épaule. J'ai peur. Mon c½ur bat la chamade. Mes yeux me piquent de plus en plus. Mais je ne pleurerais pas. Je dois être fort. Pour lui...

« - Bill... »

_______Il lève enfin ses yeux vers moi. Ses pupilles sont dilatées et cernées de rouge. Son regard est noir, mauvais. Pour la première fois depuis quatre mois, j'ose le détailler. Il porte un maillot noir et un jean que même sa ceinture peine à faire tenir sur ses hanches. Ses bras sont décharnés et emplis de bleus. Son visage est squelettique, blanc. Le maquillage autour de ses yeux, du noir, ne dissimulent en rien ses cernes violacées. Il est fatigué mon frère. Fatigué et affaiblit. Ses cheveux, avant noirs corbeaux et impeccablement coiffés, laissent apparaître des racines châtaignes et sont sales, pleins de n½uds. Le sang s'écoule toujours de sa main. Ses yeux me fixent toujours. Les miens s'arrêtent sur ses lèvres. Elles sont gercées, ouvertes à certains endroits. Dans mes rêves, elles étaient rosées, attirantes... et douces lorsque je les embrassais. Tout à coup, une douleur lancinante à mon épaule gauche m'arracha un cris. Bill se leva et, titubant, rejoignit sa chambre à côté de la mienne. Il me laissa là, en haut de l'escalier, à genoux, sa seringue ensanglantée plantée dans mon épaule.


_______Après m'être débarrassé de l'aiguille, je me dirigea vers la cuisine dans le but de lui préparer quelque chose à manger. Même si je sais qu'il n'y touchera pas. Le temps que l'eau arrive à ébullition, je m'assis. Je porte mes mains à mon visage et soupire bruyamment. Bill... Je ne sais même plus quoi faire pour lui. Il refuse mon aide. Et moi, je suis perdu. A vrai dire, là, maintenant, j'aurais bien besoin d'un remontant... Mais j'ai proscrit l'alcool de cette maison le jour où j'ai retrouvé Bill, ivre mort dans la salle de bains. Je secoue désespérément la tête à ce souvenir. Je me trouve con d'un coup. Comme si avoir fait ça l'avait empêché de devenir alcoolique. Ce n'est pas ma faute vous me direz. Pourtant, je ne peux m'empêcher de me sentir coupable. A chacune de ses erreurs, je culpabilise. J'ai comme le vague sentiment que tout dépend de moi... Péniblement, je me lève et sors les pâtes de l'eau bouillante.

« - Avec de la sauce ou du gruyère ?... »

_______Nature. Je ne sais même pas pourquoi je me pose cette question vu que son bonheur serait "aromatisées à la vodka". Et voilà que je me mets à faire de l'humour noir... Mon pauvre Tom... Muni d'une assiette et d'une cuillère (ni couteau ni fourchette, il serait capable de me planter), je monte les marches une à une. Mon épaule me fait mal mais j'essaie de ne pas y penser. Maintenant, je suis devant sa porte et je n'ose pas entrer. Je devrais peut-être simplement poser l'assiette par terre et lui signaler qu'il peut venir la chercher... Non Tom ! Ce n'est pas digne d'un homme ça !... Le c½ur battant la chamade, je toque trois coups brefs sur la porte. J'ai toujours peur de ce que je verrais derrière depuis le jour où j'ai retrouvé mon jumeau étendu à terre, les bras scarifiés... Aucune réponse. Je me décide à entrer. Il fait sombre dans sa chambre. Le temps que mes yeux s'accoutument à la pénombre, je le découvre, corps frêle, assis sur son lit, les jambes en tailleur. A l'aide de sa main gauche et de ses dents, il se fait un garrot au bras droit pour faire apparaître ses veines, camouflées sous les bleus d'avoir été trop piquées. Mon c½ur se fend. Je ne supporte pas le voir se détruire. Et il le sait. C'est pourquoi il relève sa tête vers moi et, un grand sourire sur le visage, s'enfonce l'aiguille dans le bras sous mes yeux. Je lâche l'assiette et me précipite vers lui, assez vite pour voir ses yeux se révulser et son corps tomber lourdement sur le matelas. Je le prend dans mes bras et le sers contre mon torse, sachant éperdument qu'il ne se rend déjà plus compte de ma présence. Il est désormais dans un autre monde mon petit frère. Un autre monde que la drogue lui dessine. Un autre monde plus beau puisqu'il le préfère à moi... Oui, mon jumeau est un junkie. Un junkie et un alcoolique... quelque chose roule sur ma joue et se perd dans les cheveux de mon Bill. Je pleure...


_______Assis dans le salon, je joue avec mon portable. Ca fait une heure que je le regarde, n'osant pas faire ce dont je meurs d'envie. N'osant pas composer le numéro qui pourrait m'aider. Lorsque la crise de Bill a commencé, j'ai cru que je pourrais nous en sortir seul. J'ai consacré tout mon temps à mon jumeau. Je n'avais plus de contact avec personne, à part Gustav et Georg. Pourtant, lorsque ce dernier m'a dit que Bill devait aller dans un centre pour se faire soigner, j'ai rompu le dernier contact que j'avais avec le monde extérieur. J'ai dit à Georg que je ne voulais plus jamais le voir, qu'il ne réussirait pas à me séparer de mon frère...

« - De mon Amour... »

_______Ca, je ne le lui ai pas dit... Aujourd'hui, je me rend compte qu'il ne voulait que son bien. Aujourd'hui, je me rend compte que si je l'avais écouté, Bill n'en serait pas là... Mais comment aurais-je pu me douter que mon propre frère, mon sang, ma vie, deviendrait aussi odieux envers moi ? Ca, je ne pouvais pas le deviner. Je ne pouvais même pas l'envisager. Mes pensées se concentrent à nouveau sur mon portable. Je suis à bout... Mais peut-être pas assez puisque j'hésite encore à composer le numéro... Une ombre passe devant moi sans me regarder. Tel un fantôme, elle se dirige vers le cuisine. Oui, c'est ce qu'est devenu mon frère. Un spectre. Je sais que les effets de la drogue sont loin de s'être dissipés. Alors je me lève et vais le rejoindre. Il serait capable de faire une connerie. La cuisine est plongée dans le noir. Il n'aime pas trop la lumière ces derniers temps. Tant pis, il fera avec. Du bout des doigts j'actionne l'interrupteur. Tout s'éclaire et m'apparaissent les meubles, notamment la table ronde placée au milieu de la pièce et entourée de quatre chaises. Bill est assis sur l'une d'elles. Il se tient droit, les mains jointes et posées sur la table, le regard dans le vide. Je ne dis rien et m'assis face à lui. Il ne bouge pas, alors je l'observe... Il est beau mon frère. Même au bord du précipice, même entre la vie et la mort, il est beau. Je le scrute. Pourquoi se détruit-il ainsi ? Et oui, ça fait quatre mois que je me demande quelle est la cause de sa longue descente en enfer...
Il me sourit. Je n'en crois pas mes yeux. Je suis subjugué, scotché. Mon jumeau me sourit... Je le vois se lever, tout doucement. Je ne réagis pas. Il m'a sourit. Toujours lentement, je le vois diriger sa main vers un tiroir. Je ne réagis toujours pas. Il se rassoit face à moi et me regarde. Ses yeux noisette fixent mes prunelles. Les siennes sont encore dilatées, signe que ce putain de poison est encore dans son sang. Il me sourit à nouveau. Je n'en reviens toujours pas. Je ne vois rien venir... Il étend son bras sur la table, sa main tendue vers moi et laissant apparaître son avant-bras à la peau blanche, laiteuse. Si blanche, si pure qu'on voit ses veines dessiner de fins traits bleus jusqu'à sa grosse veine qui elle n'est plus visible, dissimulée sous les hématomes et les points rouges causés par les piqûres. Son autre main, cachée jusqu'alors sous la table, se lève. Mais je ne la vois pas, non. Moi, je lui souris bêtement et pose ma main sur la sienne. Je ne remarque rien. Juste cette lame qui, tout doucement, vient tracer de fins sillons rouges sur la peau blanche de Bill. Il est assis face à moi et me sourit toujours. Mais son sourire est pervers et sa main continue à lacérer le fin épiderme de son bras. C'est là que je me rends compte de ce qu'il fait. Brutalement je me lève et lui arrache le couteau des mains, le jetant à l'autre bout de la pièce. Il rit, comme amusé de ma détresse. Puis son rire s'arrête et, me regardant sérieusement, il me dit :

« - Ne t'en fais pas Tom, j'ai tout prévu... »

_______Calmement, il se lève et se saisit d'une bouteille posée sur le plan de travail, bouteille que je n'avais pas remarquée. Il l'ouvre et déverse son contenu sur ses blessures. Des larmes s'échappent de ses yeux de drogué. Il pleure. Il a mal. Le liquide ruisselant sur sa peau est de l'alcool. Et je me contente de l'observer, le regard perdu. Lorsqu'une goutte fragile s'échappe de mes yeux, il sourit à nouveau. Il sait qu'il a gagné. Je souffre. Il pose alors la bouteille à demi vide et sort de la cuisine. Lorsqu'il passe à mon hauteur, je regarde ses blessures. Elles sont superficielles. Il joue avec mes nerfs.
Et il risque de gagner...


# Posté le samedi 12 juillet 2008 10:09

Modifié le mercredi 19 août 2009 09:36

My dirty little secret

My dirty little secret
Mon vilain petit secret
The All-American rejects





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Tom
Bill
Georg



_______Je suis vraiment à bout. Sans m'en rendre compte, mes doigts composent le numéro de mon meilleur ami. Bill est retourné dans sa chambre. Je le sais car il a claqué la porte derrière lui. Tant de haine et de détresse dans cet être fragile...
Une sonnerie. Deux sonneries. Trois son...

« - Oui ?... »

_______Il a fait vite pour répondre.

« - Georg ? Ce... C'est Tom... »

_______J'ai à peine murmuré mon prénom. Autant par honte que parce que j'ai peur de sa réaction.

« - Je sais. Qu'est-ce que tu me veux ? »

_______Que disais-je... Son ton est dur, froid, sans appel. Je ferais peut-être mieux de raccrocher... Mais s'il m'a répondu, c'est qu'au fond il veut bien me parler, non? Et puis, j'ai vraiment besoin d'un soutien...

« - Alors ? »

« - T'avais raison Georg, je suis incapable de m'en sortit seul... Bill a dérapé... »


_______Et voilà, je fonds en larmes ! A l'autre bout du fil, la voix de mon ami se fait plus douce. Il a compris. Et on reste ainsi, plus d'une demi-heure au téléphone, lui à m'écouter et moi à lui raconter les quatre derniers mois de ma vie.


_______Je regarde l'heure. 23h00 passées. Je suis fatigué. Bill n'est pas réapparu. C'est peut-être mieux ainsi au fond. Je n'ai pas envie d'aller coucher. En haut ne m'attend qu'un lit froid et vide. Ca fait longtemps que je n'ai plus ramené de fille. Depuis que Bill est "malade" à vrai dire. Ça ne me manque pas. De toute manière, elles n'étaient là que pour assouvir mes pulsions sexuelles. Mais depuis que mon amour se tue à petite dose de poison, je n'ai plus d'envies. Oui, vous avez bien lu, MON AMOUR. J'aime Bill. C'est dégueulasse, je sais. C'est mon frère, je sais. C'est immoral, je le sais aussi. Mais pas besoin de me le rappeler, ça fait des années que je me dis ça. Et je n'y peux rien. Je n'y peux rien d'aimer sa peau douce et laiteuse. Je n'y peux rien d'aimer ses yeux noisette, rieurs. Je n'y peux rien d'aimer son sourire, ou ses deux petites dents en avant, ou ses abdos naissants, ou ses mains parfaites, ou ses cuisses imberbes, ou ses fesses rebondies, ou sa nuque désirable, ou ses lèvres attirantes, ou sa bouille d'ange, ou son étoile indécente sur son aine, ou... ou... Ou tout chez lui ! Je l'aime depuis toujours je crois. Et c'est ainsi. J'ai essayé de m'en empêcher. Mais les sentiments ne se commandent pas. Alors, je vis avec. Prenant soin de lui comme le ferait un grand frère. L'aimant comme un amant.


_______Mes yeux se ferment tous seuls. Je n'ai pas le choix je crois. Que je le veuille ou non, je dois aller me coucher. Je monte les escaliers d'un pas lourd. Arrivé en haut, dans le couloir, j'hésite. Est-ce que je peux ?... Je me pose cette question tous les soirs. Avant, quand Bill n'était pas malade... Je sais que Bill n'est pas vraiment malade ! Mais je préfère me dire ça, ça me laisse l'espoir qu'il peut guérir... Donc, quand Bill n'était pas malade, j'allais tous les soirs lui souhaiter bonne nuit et l'embrasser. Maintenant, je meurs d'envie de le faire mais je n'ose plus. La seule fois que j'ai tenté, il m'a jeté dehors, comme un malpropre, me menaçant de m'étrangler si je réessayais. Finalement, j'abandonne l'idée et me dirige vers ma chambre. Une fois entré, je n 'allume pas la lumière. Dans le noir, j'enlève mon baggy, mon maillot XXL et jette mon bandeau sur une chaise. Simplement habillé d'un boxer, je me précipite dans mes couvertures pour ne pas avoir froid. C'est là que je remarque sa présence. Simplement habillé d'un caleçon, tout comme moi, il est allongé sur mon lit, hors des draps. Un rayon de lune l'éclaire, m'offrant en "spectacle" ce corps maigre, décharné. Il est couché sur le ventre, la tête tournée vers la fenêtre, soit à l'opposé de moi. En le voyant ainsi, mon c½ur se serre. On dirait un enfant, un tout petit enfant. Pourquoi a-t-il ressenti le besoin de venir dormir dans ma chambre ? Bill Kaulitz aurait-il encore besoin de son grand-frère ? Je souris. Cette pensée me réchauffe l'âme. Les doigts tremblants, je caresse son dos. Sa peau est toujours aussi douce... J'en frémis. J'aime ce contact entre la pulpe de mes doigts et son épiderme satiné. Il est chaud. Pourtant, j'ai peur qu'il prenne froid. C'est pourquoi je me lève et, doucement, pour ne pas le réveiller, je passe les draps sur son corps frêle et le couvre jusqu'à la nuque. Et au lieu de retourner immédiatement m'allonger près de lui, je reste là, accroupis dans l'obscurité, mon visage près du sien. Je l'admire. Même les joues creusées, je le trouve merveilleusement beau. Et j'ai envie de l'embrasser. Oui, j'en meurs d'envie. Une envie si forte qu'elle me tord les entrailles et prend le dessus sur ma raison. Bill dort. Pourquoi pas après tout ?... Et c'est ainsi que tout doucement mes lèvres vinrent frôler les siennes. Elles ne sont pas douces ses lèvres. Non, elles sont rêches. Pourtant, ce contact me laisse une agréable brûlure. Et j'ai envie de recommencer. À nouveau, j'approche ma bouche de la sienne. À nouveau elles entrent en contact. Mais ce baiser est plus long, plus appuyé. Ma langue parcourt doucement ses lèvres et j'en éprouve de délicieux frissons. Elles ne sont pas sucrées ses lèvres. Non, elles ont le goût de toutes les merdes qu'il avale. Mais ce sont ses lèvres. Elles sont donc délicieuses. Délicieusement interdites... Je me relève et retourne me coucher. Je me blottis contre lui, sans cependant le prendre dans mes bras, bien que j'en meurs d'envie. Et, avant de fermer les yeux, je lui chuchote :

« - Je t'aime Bill, mais tu ne le sauras jamais... »

_______Mais ce que moi je ne saurais jamais, c'est qu'au moment où mes yeux, fatigués, se ferment, leurs homologues, surpris, s'ouvrent...


_______Un rayon de soleil me réveille. Et mer** ! J'ai oublié de fermer les volets !... D'ailleurs, quelle heure il est ? Ah oui, tout de même dix heures... Je tourne la tête et constate que Bill n'est plus là. Était-ce un rêve ?... Non, dans mes rêves, Bill ne se droguerait plus. Je met ma tête sous mon oreiller et tente de me rendormir. Cependant, impossible. De ce fait, je décide de me lever. Paresseusement, je m'extirpe de mon lit douillet et me dirige, la tête dans le brouillard, vers la salle de bains. Une fois dedans, j'enlève mon unique vêtement et me glisse sous la douche. Je ne prends pas le peine de fermer la porte à clef. Il n'y a que Bill dans la maison et la journée, il ne sort pas de sa chambre. À part pour me rendre dingue...
J'allume l'eau. Elle est chaude, très chaude. Je ferme les yeux de bien-être. J'aime sentir l'eau sur mon corps, toutes ces petites gouttes qui glissent sur ma peau et caresse mon dos, mon ventre, mes jambes, pour finalement se perdre à mes pieds. Ça me détend. Généreusement, je verse du gel douche sur ma peau et me masse le corps. Le temps accordé à ma toilette est mon seul moment de détente. J'entends un bruit derrière moi mais n'y prête pas attention. Désormais, de mes deux mains, je parcours mon corps afin de le laver. Un nouveau bruit. Je me retourne enfin pour connaître sa provenance et ce que je vois stoppe net toute activité de ma part. Bill, entièrement nu, ouvre la porte de la douche et s'y glisse. Tout à coup, les battements de mon c½ur s'intensifient. Mais merde, qu'est-ce qu'il fout là ?! Nu en plus ! Je suis un homme moi! J'ai des envies, comme tout le monde. Lui me regarde, l'air étonné que sa présence me paralyse sur place. Puis, m'offrant un petit sourire en coin, il me dit :

« - Et bien Tom, ma présence te perturbe ?... »

_______Il s'est approché de moi pour me susurrer ce dernier mot. Je déglutis difficilement. Tout à coup, il me semble que le baromètre monte de quelques crans. Mes joues s'empourprent. J'ai chaud, très chaud. Le sourire de Bill gagne désormais tout son visage et, un air de défit dans la voie, il rajoute :

« - N'ais pas honte Tom... Avec moi, ton petit secret est bien gardé ! »

______Et il éclate de rire. Mon estomac se tord. J'ai envie de gerber. Et je pars en courant de cette fichue salle de bains, bien trop étroite. Je m'enferme dans ma chambre, les dreads encore emplis de mousse. Désormais, les larmes ont remplacées les gouttes d'eau sur mon visage. Quelques minutes après, c'est la porte de la chambre de Bill qui claque à son tour. Il va sûrement passé sa journée enfermé, comme d'habitude. Je ferme les yeux et me laisse glisser le long de la porte contre laquelle je suis appuyé. Mon c½ur a mal, très mal... En déversant son venin, Bill joue avec moi. Il va me rendre dingue...





# Posté le dimanche 13 juillet 2008 15:34

Modifié le mercredi 19 août 2009 09:41