Mon vilain petit secret The All-American rejects
★___☆_★Tom BillGeorg_______Je suis vraiment à bout. Sans m'en rendre compte, mes doigts composent le numéro de mon meilleur ami. Bill est retourné dans sa chambre. Je le sais car il a claqué la porte derrière lui. Tant de haine et de détresse dans cet être fragile...
Une sonnerie. Deux sonneries. Trois son...
« - Oui ?... »_______Il a fait vite pour répondre.
« - Georg ? Ce... C'est Tom... »_______J'ai à peine murmuré mon prénom. Autant par honte que parce que j'ai peur de sa réaction.
« - Je sais. Qu'est-ce que tu me veux ? »_______Que disais-je... Son ton est dur, froid, sans appel. Je ferais peut-être mieux de raccrocher... Mais s'il m'a répondu, c'est qu'au fond il veut bien me parler, non? Et puis, j'ai vraiment besoin d'un soutien...
« - Alors ? »
« - T'avais raison Georg, je suis incapable de m'en sortit seul... Bill a dérapé... »_______Et voilà, je fonds en larmes ! A l'autre bout du fil, la voix de mon ami se fait plus douce. Il a compris. Et on reste ainsi, plus d'une demi-heure au téléphone, lui à m'écouter et moi à lui raconter les quatre derniers mois de ma vie.
_______Je regarde l'heure. 23h00 passées. Je suis fatigué. Bill n'est pas réapparu. C'est peut-être mieux ainsi au fond. Je n'ai pas envie d'aller coucher. En haut ne m'attend qu'un lit froid et vide. Ca fait longtemps que je n'ai plus ramené de fille. Depuis que Bill est "malade" à vrai dire. Ça ne me manque pas. De toute manière, elles n'étaient là que pour assouvir mes pulsions sexuelles. Mais depuis que mon amour se tue à petite dose de poison, je n'ai plus d'envies. Oui, vous avez bien lu, MON AMOUR. J'aime Bill. C'est dégueulasse, je sais. C'est mon frère, je sais. C'est immoral, je le sais aussi. Mais pas besoin de me le rappeler, ça fait des années que je me dis ça. Et je n'y peux rien. Je n'y peux rien d'aimer sa peau douce et laiteuse. Je n'y peux rien d'aimer ses yeux noisette, rieurs. Je n'y peux rien d'aimer son sourire, ou ses deux petites dents en avant, ou ses abdos naissants, ou ses mains parfaites, ou ses cuisses imberbes, ou ses fesses rebondies, ou sa nuque désirable, ou ses lèvres attirantes, ou sa bouille d'ange, ou son étoile indécente sur son aine, ou... ou... Ou tout chez lui ! Je l'aime depuis toujours je crois. Et c'est ainsi. J'ai essayé de m'en empêcher. Mais les sentiments ne se commandent pas. Alors, je vis avec. Prenant soin de lui comme le ferait un grand frère. L'aimant comme un amant.
_______Mes yeux se ferment tous seuls. Je n'ai pas le choix je crois. Que je le veuille ou non, je dois aller me coucher. Je monte les escaliers d'un pas lourd. Arrivé en haut, dans le couloir, j'hésite. Est-ce que je peux ?... Je me pose cette question tous les soirs. Avant, quand Bill n'était pas malade... Je sais que Bill n'est pas vraiment malade ! Mais je préfère me dire ça, ça me laisse l'espoir qu'il peut guérir... Donc, quand Bill n'était pas malade, j'allais tous les soirs lui souhaiter bonne nuit et l'embrasser. Maintenant, je meurs d'envie de le faire mais je n'ose plus. La seule fois que j'ai tenté, il m'a jeté dehors, comme un malpropre, me menaçant de m'étrangler si je réessayais. Finalement, j'abandonne l'idée et me dirige vers ma chambre. Une fois entré, je n 'allume pas la lumière. Dans le noir, j'enlève mon baggy, mon maillot XXL et jette mon bandeau sur une chaise. Simplement habillé d'un boxer, je me précipite dans mes couvertures pour ne pas avoir froid. C'est là que je remarque sa présence. Simplement habillé d'un caleçon, tout comme moi, il est allongé sur mon lit, hors des draps. Un rayon de lune l'éclaire, m'offrant en "spectacle" ce corps maigre, décharné. Il est couché sur le ventre, la tête tournée vers la fenêtre, soit à l'opposé de moi. En le voyant ainsi, mon c½ur se serre. On dirait un enfant, un tout petit enfant. Pourquoi a-t-il ressenti le besoin de venir dormir dans ma chambre ? Bill Kaulitz aurait-il encore besoin de son grand-frère ? Je souris. Cette pensée me réchauffe l'âme. Les doigts tremblants, je caresse son dos. Sa peau est toujours aussi douce... J'en frémis. J'aime ce contact entre la pulpe de mes doigts et son épiderme satiné. Il est chaud. Pourtant, j'ai peur qu'il prenne froid. C'est pourquoi je me lève et, doucement, pour ne pas le réveiller, je passe les draps sur son corps frêle et le couvre jusqu'à la nuque. Et au lieu de retourner immédiatement m'allonger près de lui, je reste là, accroupis dans l'obscurité, mon visage près du sien. Je l'admire. Même les joues creusées, je le trouve merveilleusement beau. Et j'ai envie de l'embrasser. Oui, j'en meurs d'envie. Une envie si forte qu'elle me tord les entrailles et prend le dessus sur ma raison. Bill dort. Pourquoi pas après tout ?... Et c'est ainsi que tout doucement mes lèvres vinrent frôler les siennes. Elles ne sont pas douces ses lèvres. Non, elles sont rêches. Pourtant, ce contact me laisse une agréable brûlure. Et j'ai envie de recommencer. À nouveau, j'approche ma bouche de la sienne. À nouveau elles entrent en contact. Mais ce baiser est plus long, plus appuyé. Ma langue parcourt doucement ses lèvres et j'en éprouve de délicieux frissons. Elles ne sont pas sucrées ses lèvres. Non, elles ont le goût de toutes les merdes qu'il avale. Mais ce sont ses lèvres. Elles sont donc délicieuses. Délicieusement interdites... Je me relève et retourne me coucher. Je me blottis contre lui, sans cependant le prendre dans mes bras, bien que j'en meurs d'envie. Et, avant de fermer les yeux, je lui chuchote :
« - Je t'aime Bill, mais tu ne le sauras jamais... » _______Mais ce que moi je ne saurais jamais, c'est qu'au moment où mes yeux, fatigués, se ferment, leurs homologues, surpris, s'ouvrent...
_______Un rayon de soleil me réveille. Et mer** ! J'ai oublié de fermer les volets !... D'ailleurs, quelle heure il est ? Ah oui, tout de même dix heures... Je tourne la tête et constate que Bill n'est plus là. Était-ce un rêve ?... Non, dans mes rêves, Bill ne se droguerait plus. Je met ma tête sous mon oreiller et tente de me rendormir. Cependant, impossible. De ce fait, je décide de me lever. Paresseusement, je m'extirpe de mon lit douillet et me dirige, la tête dans le brouillard, vers la salle de bains. Une fois dedans, j'enlève mon unique vêtement et me glisse sous la douche. Je ne prends pas le peine de fermer la porte à clef. Il n'y a que Bill dans la maison et la journée, il ne sort pas de sa chambre. À part pour me rendre dingue...
J'allume l'eau. Elle est chaude, très chaude. Je ferme les yeux de bien-être. J'aime sentir l'eau sur mon corps, toutes ces petites gouttes qui glissent sur ma peau et caresse mon dos, mon ventre, mes jambes, pour finalement se perdre à mes pieds. Ça me détend. Généreusement, je verse du gel douche sur ma peau et me masse le corps. Le temps accordé à ma toilette est mon seul moment de détente. J'entends un bruit derrière moi mais n'y prête pas attention. Désormais, de mes deux mains, je parcours mon corps afin de le laver. Un nouveau bruit. Je me retourne enfin pour connaître sa provenance et ce que je vois stoppe net toute activité de ma part. Bill, entièrement nu, ouvre la porte de la douche et s'y glisse. Tout à coup, les battements de mon c½ur s'intensifient. Mais merde, qu'est-ce qu'il fout là ?! Nu en plus ! Je suis un homme moi! J'ai des envies, comme tout le monde. Lui me regarde, l'air étonné que sa présence me paralyse sur place. Puis, m'offrant un petit sourire en coin, il me dit :
« - Et bien Tom, ma présence te perturbe ?... »_______Il s'est approché de moi pour me susurrer ce dernier mot. Je déglutis difficilement. Tout à coup, il me semble que le baromètre monte de quelques crans. Mes joues s'empourprent. J'ai chaud, très chaud. Le sourire de Bill gagne désormais tout son visage et, un air de défit dans la voie, il rajoute :
« - N'ais pas honte Tom... Avec moi, ton petit secret est bien gardé ! » ______Et il éclate de rire. Mon estomac se tord. J'ai envie de gerber. Et je pars en courant de cette fichue salle de bains, bien trop étroite. Je m'enferme dans ma chambre, les dreads encore emplis de mousse. Désormais, les larmes ont remplacées les gouttes d'eau sur mon visage. Quelques minutes après, c'est la porte de la chambre de Bill qui claque à son tour. Il va sûrement passé sa journée enfermé, comme d'habitude. Je ferme les yeux et me laisse glisser le long de la porte contre laquelle je suis appuyé. Mon c½ur a mal, très mal... En déversant son venin, Bill joue avec moi. Il va me rendre dingue...